Cet extrait est tiré de If life is a bowl of cherries – What am I doing in the pits? (Ballantine Books, June 1983; Fawcett Crest , April 1979).
Un soir à la table de cuisine, après avoir débarassé la vaisselle, mon fils s’est assis là en écrivant fièvreusement dans un cahier spirale.
« Qu’est-ce que tu écris? » demandai-je.
« Un devoir de français, » dit-il. « Sur les choses que ma mère m’a apprises. »
J’ai baissé les yeux en essayant d’avoir l’air humble. « Est-ce que ça te dérange si je le lis quand tu auras fini? » Il a secoué la tête. Une heure plus tard, je me suis installée pour lire ce qu’il avait écrit.
Choses que ma mère m’a apprises
LOGIQUE
Si tu tombes de vélo et que tu te casses le cou, tu ne pourras pas venir au magasin avec moi.
MÉDECINE
Si tu n’arrêtes pas de faire croiser tes yeux, ils vont geler comme ça. Il n’y a pas de médicament, pas de téléthon et pas de programme de recherche subventionné pour les yeux croches gelés.
PES (perception extra-sensorielle)
Mets ton chandail. Ne crois-tu pas que je le sais quand TU as froid?
FINANCE
Je t’ai dit que la fée des dents fait des chèques parce que la facturation par ordinateur est plus facile pour les impôts.
DÉFI
Où est ta sœur et ne parle pas la bouche pleine de nourriture. Réponds-moi!
BONHEUR
Tu vas t’amuser pendant ces vacances même s’il faut qu’on brise tous les os de ton corps.
HUMOUR
Quand la tondeuse t’auras coupé les orteils, ne viens pas me voir en courant.
Je ne comprendrai jamais les enfants. Je n’ai jamais prétendu le contraire. Je rencontre tout le temps des mères qui se font des résolutions. « Je vais développer ma patience avec mes enfants et faire des pieds et des mains pour leur montrer que je m’intéresse à eux et à ce qu’ils font. Je vais comprendre mes enfants. » Ces femmes-là finissent par faire des tapis de guenilles tressées avec des ciseaux émoussés.
Je crois fermement que les enfants ne veulent pas de notre compréhension. Ils veulent notre confiance, notre compassion, notre amour aveugle et nos clés de voiture. Essayez de les comprendre et vous êtes dans le trouble. Pour moi, ils demeurent un des grands mystères de la vie.
Je n’ai jamais compris, par exemple, comment un enfant peut grimper sur le toit, escalader l’antenne de télévision et sauver le chat… et pourtant être incapable de marcher dans le couloir sans devoir poser ses mains sales sur les murs des deux côtés pour maintenir son équilibre.
Ou comment un enfant peut manger de la neige jaune, embrasser le chien sur la bouche, mâcher de la gomme qu’il a trouvée dans le cendrier, boire en collant sa bouche au tuyay d’arrosage boueux… et refuser de boire dans le même verre que son frère vient d’utiliser.
Comment se fait-il qu’il peut se tenir avec un pied sur le premier but en s’étirant pour attraper du bout des doigts une balle de baseball au sol… et pourtant il ne parvient pas à rattraper un bout de savon avant qu’il ne fonde dans le drain du lavabo.
J’ai vu des enfants faire de la bicyclette, courir, jouer au ballon, monter une tente, se balancer, mener une guerre, nager et courser pendant huit heures… et avoir besoin qu’on les conduise jusqu’à la poubelle.
Ça me laisse perplexe comment un enfant peut voir une barre de chocolat à 3 kilomètres mais n’arrive pas à voir un tapis d’un mètre sur deux qui s’est raboulotté sous ses pieds et qu’il traîne à travers deux pièces. Peut-être savez-vous pourquoi un enfant peut rejeter un hot-dog avec moutarde servi sur petit pain moelleux à la maison et pourtant en avaler 6 deux heures plus tard à 50 sous chacun.
Vous êtes-vous jamais demandé comment on peut s’enfarger dans les souliers d’un enfant sous l’évier de la cuisine, dans la salle de bain, sur le balcon d’en-avant, sous la table à café du salon, dans le bac à sable, dans la voiture, dans le bac à linge sale et sur la laveuse… mains ils sont introuvables quand c’est le temps de couper le gazon?
Si on pouvait résumer le fait d’élever des enfants en un seul mot, ce serait « frustration ». vous pensez être sur la bonne piste et vous vous rendez compte que vous êtes toujours à la grille de départ. Ce n’est pas qu’on s’attend à recevoir des dividendes pour ce qu’on fait… juste un tout petit retour de temps en temps.
OK, prenez l’incident de la voiture. Ma plus vieille a amené sa voiture au garage pour des réparations la semaine dernière et elle a pris ma voiture en attendant que la sienne soit réparée.
Pendant trois jours, je suis restée clouée à la maison sans voiture (c’est comme de dire à Zsa Zsa Gabor qu’elle ne peut plus avoir de gâteau de mariage).
Le jour où elle a récupéré sa voiture, elle m’a rendu mes clés en disant « Hé, M’man! Tu me dois trois dollars pour l’essence que j’ai mise dans ta voiture. »
Je ne pouvais pas en croire mes oreilles. Cest mots étaient dits par une enfant dans laquelle j’avais versé huit cent quatre-vingt-sept dollars de vitamines. Payé cent cinquante-quatre dollars pour ses vieilles dents sous son oreiller. Englouti pour deux mille dollars de jouets (batteries non comprises). Payé la facture de cent quatre-vingt-six formules dermatologiques pour tuer un seul bouton. Envoyée au camp. Démantibulé l’évier de la cuisine pour retrouver sa bague de graduation perdue. Me suis rendue malade d’inquiétude quand elle a eu un « A » en sexualité humaine.
Puis, je me suis souvenue d’une lettre qu’une adolescente m’a écrite après avoir lu un de mes livres. Peut-être que ça la ferait réfléchir.
« Écoute ça » lui ai-je dit, lisant la lettre.
« Les parents passent leur vie, Madame Bombeck, à dire à leurs enfants « J’ai travaillé d’arrache-pied pour toi. J’ai fait des sacrifices et qu’est-ce que j’obtiens en retour? »
« Vous voulez une réponse, Madame Bombeck? Vous obtenez des chambres en désordre, du linge sale, des cheveux décoiffés, des ongles cassés, des réfrigérateurs vidés ad nauseam. Vous obtenez aussi autre chose. Vous obtenez quelqu’un qui vous aime mais ne prend jamais le temps de vous le dire. Vous obtenez quelqu’un qui prendra votre défense à tous les coups même si vous portez vraiment des bas orthopédiques et que vous écoutez du Pat Boone et que vous aimez changer de sous-vêtements tous les jours et que vous leur parlez en public.
« Oui, parfois vous parliez trop et parfois vous vous tourniez trop vite. Mais vous avez ri avec nous et pleuré avec nous et toutes les agonies, les non-communications, les frustrations, les peurs et les colères nous montraient que malgré notre besoin de liberté et d’indépendance et de faire notre propre chemin… vous étiez là.
« Et quand nous partirons de la maison, il y aura un petit tiraillement dans nos cœurs parce qu’on sait que vous nous manquerez ainsi que le foyer et tout ce que ça signifie. Mais ce qui nous manquera encore plus que tout, c’est le sentiment constant de savoir combien vous nous aimez. »
Ma fille a levé les yeux. Son regard était tout brillant. « Ça veut dire que je n’aurai pas les trois dollars? »
Un soir à la table de cuisine, après avoir débarassé la vaisselle, mon fils s’est assis là en écrivant fièvreusement dans un cahier spirale.
« Qu’est-ce que tu écris? » demandai-je.
« Un devoir de français, » dit-il. « Sur les choses que ma mère m’a apprises. »
J’ai baissé les yeux en essayant d’avoir l’air humble. « Est-ce que ça te dérange si je le lis quand tu auras fini? » Il a secoué la tête. Une heure plus tard, je me suis installée pour lire ce qu’il avait écrit.
Choses que ma mère m’a apprises
LOGIQUE
Si tu tombes de vélo et que tu te casses le cou, tu ne pourras pas venir au magasin avec moi.
MÉDECINE
Si tu n’arrêtes pas de faire croiser tes yeux, ils vont geler comme ça. Il n’y a pas de médicament, pas de téléthon et pas de programme de recherche subventionné pour les yeux croches gelés.
PES (perception extra-sensorielle)
Mets ton chandail. Ne crois-tu pas que je le sais quand TU as froid?
FINANCE
Je t’ai dit que la fée des dents fait des chèques parce que la facturation par ordinateur est plus facile pour les impôts.
DÉFI
Où est ta sœur et ne parle pas la bouche pleine de nourriture. Réponds-moi!
BONHEUR
Tu vas t’amuser pendant ces vacances même s’il faut qu’on brise tous les os de ton corps.
HUMOUR
Quand la tondeuse t’auras coupé les orteils, ne viens pas me voir en courant.
Je ne comprendrai jamais les enfants. Je n’ai jamais prétendu le contraire. Je rencontre tout le temps des mères qui se font des résolutions. « Je vais développer ma patience avec mes enfants et faire des pieds et des mains pour leur montrer que je m’intéresse à eux et à ce qu’ils font. Je vais comprendre mes enfants. » Ces femmes-là finissent par faire des tapis de guenilles tressées avec des ciseaux émoussés.
Je crois fermement que les enfants ne veulent pas de notre compréhension. Ils veulent notre confiance, notre compassion, notre amour aveugle et nos clés de voiture. Essayez de les comprendre et vous êtes dans le trouble. Pour moi, ils demeurent un des grands mystères de la vie.
Je n’ai jamais compris, par exemple, comment un enfant peut grimper sur le toit, escalader l’antenne de télévision et sauver le chat… et pourtant être incapable de marcher dans le couloir sans devoir poser ses mains sales sur les murs des deux côtés pour maintenir son équilibre.
Ou comment un enfant peut manger de la neige jaune, embrasser le chien sur la bouche, mâcher de la gomme qu’il a trouvée dans le cendrier, boire en collant sa bouche au tuyay d’arrosage boueux… et refuser de boire dans le même verre que son frère vient d’utiliser.
Comment se fait-il qu’il peut se tenir avec un pied sur le premier but en s’étirant pour attraper du bout des doigts une balle de baseball au sol… et pourtant il ne parvient pas à rattraper un bout de savon avant qu’il ne fonde dans le drain du lavabo.
J’ai vu des enfants faire de la bicyclette, courir, jouer au ballon, monter une tente, se balancer, mener une guerre, nager et courser pendant huit heures… et avoir besoin qu’on les conduise jusqu’à la poubelle.
Ça me laisse perplexe comment un enfant peut voir une barre de chocolat à 3 kilomètres mais n’arrive pas à voir un tapis d’un mètre sur deux qui s’est raboulotté sous ses pieds et qu’il traîne à travers deux pièces. Peut-être savez-vous pourquoi un enfant peut rejeter un hot-dog avec moutarde servi sur petit pain moelleux à la maison et pourtant en avaler 6 deux heures plus tard à 50 sous chacun.
Vous êtes-vous jamais demandé comment on peut s’enfarger dans les souliers d’un enfant sous l’évier de la cuisine, dans la salle de bain, sur le balcon d’en-avant, sous la table à café du salon, dans le bac à sable, dans la voiture, dans le bac à linge sale et sur la laveuse… mains ils sont introuvables quand c’est le temps de couper le gazon?
Si on pouvait résumer le fait d’élever des enfants en un seul mot, ce serait « frustration ». vous pensez être sur la bonne piste et vous vous rendez compte que vous êtes toujours à la grille de départ. Ce n’est pas qu’on s’attend à recevoir des dividendes pour ce qu’on fait… juste un tout petit retour de temps en temps.
OK, prenez l’incident de la voiture. Ma plus vieille a amené sa voiture au garage pour des réparations la semaine dernière et elle a pris ma voiture en attendant que la sienne soit réparée.
Pendant trois jours, je suis restée clouée à la maison sans voiture (c’est comme de dire à Zsa Zsa Gabor qu’elle ne peut plus avoir de gâteau de mariage).
Le jour où elle a récupéré sa voiture, elle m’a rendu mes clés en disant « Hé, M’man! Tu me dois trois dollars pour l’essence que j’ai mise dans ta voiture. »
Je ne pouvais pas en croire mes oreilles. Cest mots étaient dits par une enfant dans laquelle j’avais versé huit cent quatre-vingt-sept dollars de vitamines. Payé cent cinquante-quatre dollars pour ses vieilles dents sous son oreiller. Englouti pour deux mille dollars de jouets (batteries non comprises). Payé la facture de cent quatre-vingt-six formules dermatologiques pour tuer un seul bouton. Envoyée au camp. Démantibulé l’évier de la cuisine pour retrouver sa bague de graduation perdue. Me suis rendue malade d’inquiétude quand elle a eu un « A » en sexualité humaine.
Puis, je me suis souvenue d’une lettre qu’une adolescente m’a écrite après avoir lu un de mes livres. Peut-être que ça la ferait réfléchir.
« Écoute ça » lui ai-je dit, lisant la lettre.
« Les parents passent leur vie, Madame Bombeck, à dire à leurs enfants « J’ai travaillé d’arrache-pied pour toi. J’ai fait des sacrifices et qu’est-ce que j’obtiens en retour? »
« Vous voulez une réponse, Madame Bombeck? Vous obtenez des chambres en désordre, du linge sale, des cheveux décoiffés, des ongles cassés, des réfrigérateurs vidés ad nauseam. Vous obtenez aussi autre chose. Vous obtenez quelqu’un qui vous aime mais ne prend jamais le temps de vous le dire. Vous obtenez quelqu’un qui prendra votre défense à tous les coups même si vous portez vraiment des bas orthopédiques et que vous écoutez du Pat Boone et que vous aimez changer de sous-vêtements tous les jours et que vous leur parlez en public.
« Oui, parfois vous parliez trop et parfois vous vous tourniez trop vite. Mais vous avez ri avec nous et pleuré avec nous et toutes les agonies, les non-communications, les frustrations, les peurs et les colères nous montraient que malgré notre besoin de liberté et d’indépendance et de faire notre propre chemin… vous étiez là.
« Et quand nous partirons de la maison, il y aura un petit tiraillement dans nos cœurs parce qu’on sait que vous nous manquerez ainsi que le foyer et tout ce que ça signifie. Mais ce qui nous manquera encore plus que tout, c’est le sentiment constant de savoir combien vous nous aimez. »
Ma fille a levé les yeux. Son regard était tout brillant. « Ça veut dire que je n’aurai pas les trois dollars? »
1 commentaire:
De belles vérités qui font rigoler... tant que ce n'est pas à moi de payer les trois dollars.
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